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Démarche

“Photos In My Head”
Photographier la pensée, l’impalpable, ce qui relève d’une expérience émotionnelle et physique. Retranscrire des sensations purement physiologiques, les rêves qui agitent nos pensées dans une phase de sommeil profond, l’angoisse, l’oppression ou l’accomplissement, le bien-être intérieur.
Libérées de leurs contextes, débarrassées de leurs sens, les lignes, les matières se métamorphosent et dégagent une impression, une émotion. Seule la sensation la plus brute peut s’échapper de l’image ainsi capturée : tel est le fil conducteur de cette collection de cinq séries autour du rêve, de l’inconscient et de la représentation de la pensée.
Idées noires dans «Low Key», récurrence des sentiments allant jusqu’à l’oppression dans «Persistence», représentation des messages physiologiques engendrant la pensée dans «Brain Waves» et «Steam of Consciousness». Enfin, «Axon of Thoughts» est le chemin parcouru par les messages neuronales avec ses accélérations, ses pauses temporelles et ses doutes pour atteindre «Mind Rest», l’accomplissement, la réconciliation intérieure qui mène à Soi.
Influencée par les Rayographies de Man Ray, les photogrammes de László Moholy-Nagy qui s’émancipent de toutes contraintes, y compris de l’appareil photographique pour représenter l’immatériel, et par le constructivisme photographique de Paul Strand faisant de la ligne l’élément artistique prépondérant, ou de Rodtchenko, où la matière la plus abrupte devient poétique.
Egalement inspirée par les motifs géométriques de Vazarelli, les «noir-lumière» et «outrenoir» de Soulages et par le travail des formes et des couleurs de Rothko, elle puise également son inspriration dans les films tels que Night On Earth (Jim Jarmush, 1990) ou Eternal Shunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004), Punch Drunk Love (2002)
Photos In My Head vous plonge dans une analyse émotionnelle, un face à face avec votre subconscient.

“Urban Wanders”
“Urban Wanders” s’inscrit dans le prolongement de “Photos In My Head” : de l’étude des rêves et de la conscience, Cara Jolivet explore la perception de la réalité et sa déformation dans cette nouvelle série de photographies.
La traversée de la ville comme métaphore d’une introspection, une parabole d’un parcours intérieur, de réflexions personnelles.
La ville éblouit, interroge, tourmente à l’image de la pensée où s’entremêlent agitation et moments de sérénité.
Ainsi, les errances urbaines commencent avec “Evaporating city“, symbole d’une désillusion et de la perte de repères caractéristique de notre époque, qui peut conduire à “Drifting”, le sentiment de fuite en avant, de perte de contrôle. “The Path of Wonders”, semé de doutes et de questions, symbolise la recherche de sens : le sens de la vie, de notre existence.
Dans ce cheminement intérieur, certaines rencontres représentées par “Stage Whisperers” sont déterminantes et nous permettent d’enfin réaliser la nécessité d’adopter un nouveau point de vue pour mieux comprendre ce que l’on vit. La perception ne dépend-elle pas en effet de l’endroit où l’on se place, physiquement ou métaphoriquement ? C’est ce qu’explore la série “Nothing As it Seems” : en se rapprochant de la photo et en changeant son point de vue, on voit apparaître une toute autre réalité.
Ce parcours s’achève avec “Here and Now“, un sentiment d’accomplissement, de soulagement et de compréhension enfin atteinte qui permet de vivre en harmonie avec son environnement tout en acceptant ses particularités.
Le voyage proposé par « Urban Wanders » à travers les visions urbaines et architecturales de Seattle, San Francisco, New York, et Paris entre autres nous invite en fait à une introspection, un voyage intérieur.